L'Homme aux cercles bleus - Fred Vargas


Synopsis :

 

"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?"

Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent sur un maniaque, un joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent : bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort. Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.

 

Pour en apprendre davantage



J'ai aimé :

● Le dénouement

● Les personnages

 Je n'ai pas aimé :

● L'enquête qui n'en est pas une


Alors que ce roman est à ma disposition depuis quelques années et que je me répétais qu'il me fallait lire du Fred Vargas, j'ai enfin sauté le pas. C'est Piko Books et l’enthousiasme avec lequel elle a parlé de cette auteure dans une vidéo, que vous trouverez ici, qui m'ont convaincue de me lancer.

 

Je pense que le seul mot qui me permette de décrire ce roman est "étrange". Tout l'est, à commencer par les personnages. On rencontre dans un premier lieu deux d'entre eux, des anonymes en quelque sorte, dans un café, des gens qui ne se connaissent pas, dont on n'arrive pas à discerner l'importance, et qui débutent une conversation sans queue ni tête. L'enchaînement de leurs idées ne manquent pas de logique, bien qu'elle soit assez particulière, mais dans sa globalité, ce premier dialogue n'a aucun sens. Ces personnages, dont on explore les pensées, paraissent complètement déstructurés. Et pourtant, ils sont loin d'être aussi perturbants que le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, qui semble s'interroger sur tout et sur rien en même temps, sur lui-même aussi mais surtout sur rien. Il s'agit du personnage principal et forme un duo avec Danglard, un inspecteur porté sur la bouteille et qui élève seul ses cinq enfants. C'est dans ce personnage que je me suis retrouvée, même s'il a une façon d'aborder les choses un peu spéciale, c'est lui qui semble le plus terre à terre. Il nous permet de mieux comprendre Adamsberg parce qu'il le découvre en même temps que nous. 

 

En ce qui concerne le scénario, c'est, de mon point de vue, ce qu'il y a de plus intriguant. Je m'attendais vraiment à lire un policier : une enquête, une recherche de preuves, des raisonnements auxquels j'aurais pu m'associer. Au début, le roman part dans ce sens là, mais très vite on comprend que l'on n'a pas accès aux mêmes informations qu'Adamsberg pour résoudre l'enquête : le lecteur ne connaît pas l'intégralité des dialogues avec les témoins ou les suspects. Il n'a que les impressions du commissaire. Et c'est là une fois encore que l'on se rapproche de Danglard, qui lui non plus n'a pas toutes les informations, et doit se contenter de suivre les intuitions de son supérieur sans comprendre plus que nous les méandres de son raisonnement. Je n'aurai pas dû être plus surprise que cela : dès le début du roman, Adamsberg explique lui-même être admiratif et impressionné par les personnages capables d'organiser leurs idées et de mener un raisonnement rigoureux. Pourtant, au fil des pages j'essayais toujours de démêler les fils de l'enquête, de trouver la solution, ce qui s'est révélé impossible. Et pourtant, quand Adamsberg dévoile le fin mot de son enquête, il nous apparaît un plan extrêmement réfléchi et bien ficelé, ne laissant aucune part de hasard.

 

C'est pour cela que j'ai envie de dire qu'il s'agit d'un policier sans en être un. L'enquête est bien menée, le scénario est plus qu'intéressant, mais on s'attache beaucoup plus à l'étude des différents personnages qu'à l'enquête en elle-même, et le lecteur ne peut pas y prendre part. Ce n'est pas une mauvaise lecture, c'est une expérience. Je lirai d'autres Fred Vargas et je saurai à quoi m'en tenir pour les prochains. 

 

 

Méli